ASPECTS DES PERSPECTIVES DE
L’EXTERNALISATION
DANS LES NOUVELLES INDUSTRIES DE
L’INFORMATION
Ancien Ministre
Cette communication sera donnée le
17 novembre 2005 au forum international, au PalExpo du Kram, organisé
par l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens, à l’occasion de
la tenue de la 2ème phase du SMS à Tunis.
La contribution que
j’ai été invité de faire, dans le cadre de la
participation de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens à la 2ème
phase du SMSI, porte sur l’un des aspects les plus prometteurs de la
coopération Nord-Sud dans les années à venir. Il
s’agit des opportunités offertes par l’externalisation
(outsourcing) ou l’info-gérance, considérée comme
voie d’accès des pays en développement à la
société de l’information via une nouvelle division
internationale du travail high-tech, fondée sur l’organisation des
nouvelles industries de la communication sur la base de chaînes
logistiques globales (global supply chains) parfaitement intégrées
et alliant modularité, interchangeabilité et économies de
coûts maximales.
Certes, le débat
soulevé aujourd’hui par ce qu’on appelle «la fracture
numérique», ou l’inégalité, croissante selon
les uns, décroissante selon les autres, des pays, des peuples, des
régions et des groupes sociaux devant l’information, symbole,
s’il en est, du nouveau savoir, du nouveau pouvoir et du nouvel avoir,
n’est pas réductible à une simple affaire
d’externalisation aux pays encore retardés, la maîtrise de
la fracture numérique Nord-Sud, que nous évoquions plus haut,
passe nécessairement par une solidarité active globale entre
Etats riches et Etats moins riches, entre nations info-avancées et
économies info-retardées.
Mais, la
solidarité ne suffira jamais, à elle seule, à assurer aux
pays info-retardés les conditions d’uns intégration
effective dans ce qu’il convenu d’appeler aujourd’hui la
«Nouvelle Economie». En effet, comme en matière de
développement durable, l’accès à la nouvelle
société du savoir passe nécessairement aussi par la
médiation du marché global, où se nouent et se
dénouent les rapports couvrant l’ensemble des activités des
industries de l’information, à l’échelle de la
planète : de la recherche et de développement, à la
production à l’échange.
Il est vrai que le
marché global des nouvelles technologies de l’information et de la
communication (NTIC) est loin d’être un marché
«contestable», autrement dit ouvert sans restriction aucune
à tous ceux qui souhaiteraient en faire partie. L’accès
à ce marché continue, en effet, d’être
«régulé» par des Conventions internationales aussi
iniques qu’obsolètes, concernant principalement la
«protection des droits de propriété intellectuelle»,
dont les industries NTIC constituent un des champs les plus actifs et les plus
conflictuels à la fois. Les querelles autour de l’affaire des
logiciels dits «libres» (open source) en font foi.
Cependant, en
dépit de ces rigidités, la médiation du marché
global demeure, pour les pays info-retardés, un passage obligé
pour toute intégration durable et fructueuse dans la
société de l’information. Un passage dont l’externalisation
représente le portail le plus indiqué, comme l’illustrent
les nombreux «success stories» observés en Asie (Inde,
Chine), en Amérique Latine (Brésil, Mexique) ou en Europe
Centrale et Orientale (Pays Baltes, Hongrie, République Tchèque).
Dans la communication
intitulée «Aspects et Perspectives de l’Externalisation dans
les Nouvelles Industries de l’Information» que nous
présenterons à la tribune de l’Ordre des Ingénieurs
Tunisiens, à l’occasion de la tenue de la 2ème phase du
SMSI, nous avons pensé approprié de commencer d’abord par
dresser rapidement une typologie de l’externalisation : ses formes,
ses domaines d’activités, ses «modus operandi».
Suit un bref
aperçu sur le développement de l’externalisation. A ce
propos, seront évoqués, les principaux pays donneurs
d’ordre, les principaux pays fournisseurs (prestataires) de services, les
déterminants de la croissance de l’externalisation et les limites
au développement de l’externalisation.
Le dernier chapitre de
la présentation est consacré à l’industrie de
l’externalisation en !tunisie. D’abord, qu’en est-il de l’attractivité
du site «externalisation.tn» à l’heure actuelle ?
Ensuite, comment peut-on envisager la dynamique du site «externalisation.tn»
dans l’avenir ?
En ce qui concerne
l’attractivité présente du site «externalisation.tn»,
cinq types d’atouts sont mis en relief :
La densité et la
diversité du tissu entrepreneurial dans le secteur de
l’externalisation en Tunisie (Centres d’Appels et
Sociétés de Services et d’Ingénierie Informatique).
La qualité des
ressources humaines tunisiennes engagées dans les activités
d’externalisation.
Le volontarisme tunisien
constant illustré par les objectifs ambitieux assignés aux SSII
dans le cadre du Xème plan 2002-2006.
Les facilités
administratives nombreuses et diversifiées ainsi que les avantages
fiscaux et financiers attrayants dont bénéficient les prometteurs
opérant dans le secteur de l’externalisation.
La qualité des
infrastructures technologiques d’appui disponibles.
Le technopole d’El
Ghazala, spécialisé dans les NTIC.
Concernant la dynamique
du site «externalisation.tn», ma communication passe en revue les
sept domaines d’action que la Tunisie devra intégrer dans sa
stratégie de promotion du secteur NTIC dans les années à
venir :
L’exploitation au
mieux de la rente de proximité dont la Tunisie bénéficie
vis-à-vis de l’Union Européenne, un espace donneur
d’ordre majeur et en pleine expansion, mais où la
compétition entre fournisseurs de services régionaux
(maghrébins et européens) et non régionaux (indiens et
autres asiatiques) est appelée à se durcir davantage dans les
années à venir.
L’activation des
huit chantiers NTIC retenus dans le Plan Stratégique du Ministère
des Technologies de la Communications (financement de
Le ciblage des
activités d’externalisation à valeur ajoutée
élevée (montée en gamme).
L’accroissement du
volume des financements bancaires et non bancaires disponibles aux SSII et la
facilitation de l’accès des jeunes promoteurs tunisiens auxdits
financements.
L’incitation des
Centres d’appels comme des SSII à substituer à leur
politique de concurrence sauvage tant sur le marché local tunisien que
sur les marchés étrangers une politique de compétition
(coopération – compétition) plus efficace.
Le renforcement de la
coopération intra-maghrébine et de la coopération
intra-méditerannéenne en vue de la constitution de réseaux
de co-traitance, y compris avec des partenaires non régionaux (américains,
asiatiques ou autres).
La réforme des
programmes de formation via la valorisation de la formation appliquée en
Tunisie et dans les pays donneurs d’ordre et la mobilisation de
financements étrangers.